Lettre ouverte des enfants spirituels de Mgr Mansour Labaky

Lettre ouverte des enfants spirituels de Mgr Mansour Labaky

Beyrouth, le 29 août 2011.

Très cher Abouna, ou plutôt Bayyeh (Papa) comme nous aimons t’appeler,

Depuis peu de temps, circulent des rumeurs, portant atteinte à ta personne et ta mission de prêtre et nous dirions même à tout le projet providentiel de Lo Tedhal qui a pris son élan en 1990 en France; ce mouvement qui émane de l’Evangile et de ta propre expérience de Foi dans les moments les plus ténébreux que tu as connus durant ta vie, surtout les évènements scandaleux de la guerre civile au Liban.

Inspiré par cette Force, que le « Seigneur est ton Berger, tu ne craindras rien », plus tard, tu nous as pris en charge, au moment où la guerre reprenait au Liban, et au moment où la Providence t’ouvrait ses voies pour nous héberger en France, loin de la folie de la guerre ; nous avions au plus 11 ans. Nous n’oublierons jamais le premier chant avec lequel tu nous accueillis pour la première fois en France, avec un Sourire de fils de Dieu: « Le Seigneur est mon rempart, je ne bronche pas! ». Ce n’est que plus tard que nous avons compris que celui qui touche du doigt la Paix divine, au milieu même du brouhaha de l’enfer, est capable de la transmettre aux autres. Et c’est ce que tu essayais alors de nous dire et ce que tu ne cesses de faire: Dieu est Père, il nous aime et il peut tout, de quoi aurions-nous peur?

Aujourd’hui ces enfants que tu as pris en charge, « arrosés de tendresse » comme nous te le disions un jour, nous sommes devenus, grâce à toi, des adultes: des pères et mères de familles, des prêtres, des ingénieurs, des entrepreneurs, des gestionnaires, des enseignants, des professionnels… Tous imbibés par cette confiance que tu as su mettre en nous, cette Paix vécue ensemble que nous essayons de vivre avec d’autres à notre tour malgré les défis de notre Société.

Nous n’oublierons pas tout ce que tu as pu apporter à notre épanouissement culturel, spirituel et social. Les gens que tu aidais se joignaient à nous pour revivre cette paix perdue et le cercle s’agrandissait.

Tes chants que nous connaissions avant même de te connaitre et les nouveaux que tu nous apprenais, nous racontent toujours cette intimité chaleureuse avec ton Créateur et ton Maître duquel tu prends force pour aller toujours vers l’autre, sans faire de distinction.

Tes écrits nous font preuve de ta passion de Dieu et de l’homme, surtout le plus démuni et le délaissé.

Que de jours et de nuits sans repos ! Tu t’absentais souvent pour différentes missions de  réconciliations de couples déchirés ou de disputes fraternelles pour lesquels tu nous demandais de nous unir à toi dans la prière.

Que de voyages en Europe, Asie, Amériques, Afrique, Australie, durant lesquels tu prêchais, ne refusant jamais de te déplacer afin de partager le bonheur d’être fils de Dieu.

Nous n’oublierons pas non plus les soirs où tu rentrais de voyage, tu t’excusais pour monter dans ta chambre pour préparer encore toute la nuit une conférence pour le lendemain.

Et les émissions de 3 minutes chaque jour, où tu partages avec le monde entier ta spiritualité…

Certains croiraient que nous décrivons la vie d’un saint, ceci n’en est pas l’objet. Dieu seul sanctifie, et Dieu seul justifie la sainteté d’une personne. Mais nous dirions, comme le dit bien ton Maitre de toujours: « A ses fruits, on reconnait un bon arbre! ».

Certes, le malin ne se régale pas du bien que tu sèmes là où tu te trouves, et il essaie aujourd’hui plus que jamais de détruire ce que tu as commencé et surtout cette Paix en toi. Nous t’entendons déjà nous répondre que « le disciple n’est pas meilleur que son maitre », te soumettant déjà à la volonté de Dieu et acceptant de boire cette coupe, amère et insupportable, à l’image du Christ qui a tant fait aux enfants de Jérusalem et s’est laissé calomnier par eux, et juger faussement.

Un premier sentiment nous saisit, celui de lever notre épée comme Pierre pour te défendre, mais nous ne saurions nous identifier qu’à Jean-Baptiste pour crier la vérité, lui qui tressaillît de Joie dans le ventre d’Elisabeth, du simple fait que le Christ était présent dans le sein de Marie lors de sa visitation.

Sache que lorsque tu es présent, nos cœurs tressaillent de Joie car, grâce à toi, nos cœurs rencontrent celui qui t’habite, le Prince de Paix, que nos cœurs ne cessent de chercher.

Sache que le grain que tu as semé dans la terre que tu as rendue fertile, grâce à ton effort et tes sacrifices, ne peut que donner trente ou soixante ou cent autres. Et ces fruits nous les voyons déjà, ne serait-ce qu’en toi et en nous, tes enfants, et en ceux que tu as aidés et qui ont cru en Celui que tu ne cesses de proclamer.

Nous élevons nos prières pour toi, afin que rien ne perturbe ton cœur, même pas la tempête qui essaie de briser ta barque, car le Seigneur que tu as toujours porté aux autres est toujours avec toi.

Lo Tedhal (ne crains pas).
Dieu t’aime et nous t’aimons.

Tes enfants qui te connaissent depuis plus de 20 ans.