Témoigner pour la vérité – Dr. Youssef Kamal El-Hage

Témoigner pour la vérité – Dr. Youssef Kamal El-HajjOn peut manquer à la vérité… même par ses gardiens les plus ardents et les plus sincères. Mais on ne peut jamais travestir la vérité… même par ses ennemis les plus sournois et les plus sordides.
Père Mansour Labaky est aujourd’hui du côté de la vérité. C’est son plus beau titre de gloire. Et notre plus triste motif de honte. Ses détracteurs sont soit du côté du mensonge ahurissant, soit du côté de la justice sommaire. Dans les deux cas, l’offense à la vérité est manifeste, bien qu’à différents niveaux. Par amour pour Celui qui est la Vérité, nous sommes tenus de témoigner en faveur de Père Mansour par la parole et par la prière, aussi bien pour espérer nous réhabiliter devant la postérité que pour opérer aussi, nous laïcs fidèles au Christ, un commencement de réhabilitation pour l’image de notre Eglise.
Je ne dis pas seulement que le Père Labaky a été inadéquatement jugé, et donc que l’injustice à son encontre se limite à un vice de forme. Je dis tout haut que l’apôtre des enfants démunis est la victime d’une formidable insulte à la vérité, et donc d’un sacrilège contre Dieu. C’est le Malin lui-même qui s’en prend, par arnaqueurs interposés, à une icône de rectitude morale. Ce n’est pas la première fois qu’il le fait dans l‘histoire, et ce ne sera pas la dernière. Les sentiers sataniques sont bien plus subtils que notre pauvre intelligence.
Je serai encore plus clair. Le crime de pédophilie qu’on impute au Père Labaky est fabriqué de toutes pièces pour tailler en pièces cet éminent prélat maronite ou, tout au moins, pour souiller à jamais sa réputation. Mais Père Mansour, comme son nom l’indique, n’en sortira que grandi, car la vérité aura vite fait d’éclater au grand jour. Des témoignages accablants, apportés récemment devant le patriarche maronite, Mar Béchara Boutros Raï, attestent sans l’ombre d’un doute que beaucoup d’infamie et encore plus d’argent ont été vilement mobilisés pour cette filouterie, faisant fi de toute vertu et de toute honnêteté. La réaction de notre chef d’Eglise fut à la mesure de la gravité des propos, et il est permis d’espérer qu’il prendra l’initiative escomptée pour remettre les pendules de l’Eglise à l’heure du bien-fondé et de l’équité, confiant en l’immense sagesse et le courage éprouvé du pape François.
Certes, Père Mansour, comme tout humain, n’est pas au-dessus du péché, même s’il est un jalon de grâce pour notre Eglise. Mais les délits qui lui sont imputés relèvent tout simplement du carrément irréel, du tout bonnement imaginaire. On y dépasse de beaucoup le malade de Molière. De telles sornettes ne méritent même pas qu’on s’y attarde pour les réfuter. Mansour Labaky a derrière lui une vie de lumière et un itinéraire de foi et de service si éloquents, si exemplaires, si héroïques, si inspirants, qu’aucune personne de discernement n’oserait croire à de telles balivernes. C’est une insulte au bon sens avant d’être une entorse à la vérité. Un tel feu ne peut même pas avoir de fumée pour le compte du proverbe. Et le scandale de cette incrimination, de ce fait, n’est pas un fait divers. C’est un scandale de siècle.
L’exquise histoire du double signe de la toison de Gédéon est bien connue (Juges 6, 36-40). Mettant une toison de laine en plein air pendant la nuit pour solliciter un signe de Dieu, Gédéon voit, le lendemain, la rosée venir sur la toison seule, et tout le terrain alentour rester sec. La nuit suivante, sollicitant de nouveau le message de Dieu avec la même toison, il voit, le surlendemain, la toison seule rester sèche, et la rosée venir sur tout le terrain.
Aujourd’hui, la rosée de la vérité est sur la toison de Père Mansour. Tout l’alentour reste sec. Pour ces environs, nous attendrons dans la foi la venue du second signe.
Dans le langage de ceux qui lisent la Bible, « poser une toison » est un cas particulier, plus fort, de l’attente d’un signe. Celui qui attend un signe ne sait pas forcément quel signe il aura. Celui qui pose une toison, lui, sait très bien quel signe il guette.
Avec le pape François et le patriarche Raï, nous n’attendons pas seulement un signe. Nous « posons une toison », en espérant proche le jour où Père Mansour pourra concélébrer de nouveau, avec notre patriarche et nos évêques, entourés de toute l’assemblée reconnaissante des fidèles, une messe d’action de grâces pour la justice retrouvée.

Seigneur, prends pitié !

Ecrit le 21 octobre 2013
Dr. Youssef Kamal El-Hage
Penseur et Professeur Universitaire